En défense du peuple palestinien :
PASSEMBLEMENT SAMEDI 3 JANVIER 14H30 à PLANOISE - Place de l’Europe.
Prise de parole - Musique - Lectures.
A l’appel de Palestine Amitié et de Citoyen-nes engagé-es.
TEMOIGNAGE sur le génocide à GAZA :
450 mots. 3 minutes. Trois minutes pour partager avec vous un million 143 360 minutes
d’enfer dans Gaza depuis le 7 octobre 2023 des minutes pendant lesquelles au bas mot
70360 personnes ont été tuées.
Ça fait plus de 3 morts toutes les heures de tous les jours de toutes les semaines de
tous les mois pendant 26 mois.
Je m’appelle Karine Huster et depuis 2012 je suis sur le terrain comme chargée des
activités médicales pour Médecins sans Frontières, en réponse à des conflits, des
épidémies ou des catastrophes naturelles, j’ai vu.
Gaza pour moi depuis le 7 octobre 2023, c’est quatre missions humanitaires.
C’est presque 8 mois passés dans l’enclave à répondre à l’urgence, vitale, absolue des
gazaouis et à partager leur enfer.
J’ai vu et je veux vous dire.
Je veux vous dire que je n’ai jamais vu ce que j’ai vu là-bas.
Je veux vous dire que je n’ai jamais vu d’hôpitaux avec autant de corps sans vie autant
de corps si atrocement mutilés démembrés, brûlés.
Je n’ai jamais vu autant d’enfants silencieux hébétés au milieu des hurlements qui
déchirent, autant de démembrés, abasourdis, le regard perdu dans le carnage humain
qui les entoure.
Je veux vous dire n’avoir jamais vu une population affamée non pas par manque de
nourriture mais par une interdiction cruelle et immorale de recevoir cette nourriture.
Je revois encore rentrant dans Gaza, les milliers de camions transportant nourriture et
médicaments bloqués juste de l’autre côté du mur si proche mais si loin je veux vous
dire que ce cessez le feu est un bluff.
Il ne fait que raser Gaza de l’actualité.
Il force les gazaouis dans l’oubli.
C’est de fait des violences meurtrières au quotidien.
C’est plus de 350 civils tués par les forces israéliennes depuis sa mise en place le 10
octobre.
J’y étais.
J’ai vu cette jeune maman sur son lit d’hôpital qui tient ma main et me supplie de voir
son bébé en urgence vitale absolue, une jambe et un œil en moins. Sacrée manière de
commencer la vie.
Je veux vous dire cette ligne jaune. Cette ligne de démarcation, du nord au sud,
retrancher les gazaouis dans un ghetto de plus en plus restreint.
Un jour, elle est ici, le lendemain, elle est là.
Personne ne sait.
Il y a quelques jours, les forces israéliennes ont tué deux frères de 8 et 11 ans, qui
allaient chercher du bois pour aider leur père invalide.
Des suspects, représentant une menace ont-ils dit.
Je veux vous dire aussi que j’ai perdu 15 collègues à Gaza, depuis le 7 octobre.
Mais pour moi, j’ai surtout perdu Abou pendant ma dernière mission.
Je l’appelais Abou 5 étoiles parce que c’était une star. Pour lui, rien n’était impossible
pour ses patients.
Il avait réussi l’improbable : récupérer une imprimante 3D au nord de Gaza sous les
bombardements pour offrir à ses patients surtout des enfants, des visages moins
ravagés par les cicatrices de leurs brûlures.
Il était leur espoir d’une vie meilleure.
Les forces israéliennes en ont décidé autrement.
Il est mort en attendant le bus qui devait les amener à l’hôpital.
Je veux vous dire l’angoisse et le désespoir aujourd’hui encore présents pour cette
population maintes fois déracinée, , bringuebalée, retranchée dans des abris de fortune
où on y mettrait même pas nos chiens.
Et pour finir je veux vous dire.
Merci.
Merci de continuer à vous opposer à l’oblitération systématique immorale et illégale
d’un peuple, juste parce qu’il est palestinien.
Merci de défendre la cause d’un peuple opprimé, dépouillé et sans défense, abandonné
par la plupart de nos leaders politiques.
Merci de ne pas les oublier.