MUNICIPALES 2026 A ST-CLAUDE : UN CANDIDAT PS ETRANGER AU SOCIALISME
Ainsi, lorsque F.Poncet, conseiller régional PS et candidat à la mairie de Saint-Claude, affirme : « (...) pour moi, l’attractivité d’un territoire relève de la même dynamique ou objectif de ce qui relève de l’attractivité d’une entreprise », il dit une grosse bêtise (1).
Car le but du socialisme, normalement, c’est de socialiser, c’est-à-dire de s’inspirer plutôt du modèle des organismes publics que des entreprises du secteur privé.
En effet, il n’y a pas entre eux « même dynamique ou objectif » mais au contraire une forte opposition d’objectifs et de valeurs. Rappelons, pour l’étranger au socialisme qu’est F.Poncet, quelques différences de gestion d’un service public (y compris une collectivité territoriale donc) d’avec une entreprise privée :
1-Un service public ne cherche pas à faire un bénéfice pour rétribuer des actionnaires ou un propriétaire particulier mais seulement à équilibrer ses comptes. Cela dégage un supplément de richesse qui est ainsi réinjecté directement pour tous dans l’économie. Sans avoir à compter sur un éventuel et ultérieur ruissellement qui déborderait des poches privées - qui trop souvent, comme on l’a vu ces dernières décennies, préfèrent garder l’argent plutôt que de le réinvestir (2).
2-Un service public ne dépend pas de clients mais essentiellement de citoyens qui paient des impôts afin que ce service public leur fournisse par la suite des prestations gratuitement ou à coût partagé. Exemples : l’enregistrement gratuit à l’état civil d’une naissance ou un décès, l’achat d’un billet d’entrée à prix modéré à une piscine municipale... Deux modes de fonctionnement très différents donc : d’un côté, délibération collective et transparente (fixation de l’impôt) et moindres frais (voire gratuité) pour les usagers grâce au financement solidaire par l’impôt. Du côté du privé, on a plutôt les décisions opaques de quelques-uns cherchant un bénéfice maximum, engendrant souvent des hausses de prix inconsidérées en même temps qu’incitant à un consumérisme gaspilleur.
3-Significatives également à l’avantage du service public sont les conditions de travail de ses salariés - comme la sécurité de l’emploi qui, à part exceptions étroites, interdit le licenciement. A noter aussi une plus grande transparence dans la fixation des salaires et leur évolution par rapport aux salariés du privé où l’arbitraire patronal joue un plus grand rôle.
Certes, les services publics tels que nous les connaissons ne sont pas la fin de l’Histoire et d’aucuns leur trouveront également bien des défauts. Et, factuellement, ils n’auront pas tort, du moins pour les moins exagérés d’entre eux. Ainsi, par exemples, on trouve dans le secteur public : des impôts locaux disparates et inégaux, des marchés publics truqués, des fonctionnaires parfois arrogants et irresponsables, des fonctionnements dispendieux...
Cependant, malgré ces limites, nous persistons à voir en le secteur public des principes d’avenir à défendre et étendre au lieu de les abandonner pour enfourcher le cheval libéral, comme le fait le très droitier F.Poncet en la matière. Car prendre pour modèle le privé pour gérer le public, c’est mener logiquement, comme cela s’est d’ailleurs fait, à la privatisation du secteur public. C’est dans ce sens que va aussi la martiale déclaration de F.Poncet quand il suggère que « On serait une entreprise privée, on serait placés en redressement »(1). On se croirait plutôt attablé au comptoir d’un bistrot...
Au final, Public ou Privé, solidarité ou concurrence, transparence ou opacité, démocratie ou technocratie financière, il faut faire un choix. Si F.Poncet est élu maire, on sait lequel est le sien et dans quel esprit il gérera la municipalité : tout pour le privé et la compétition au détriment des services publics et de leurs usagers (comme le laissent entrevoir son acceptation de la fermeture de la maternité et son peu de combativité pour la ligne des Hirondelles).
Janvier 2026
(1)Dans une interview dans la Voix du Jura (janvier 2023) qui est un pesant plaidoyer en faveur de la compétition et de l’entreprise privée :
« L’enjeu fondamental aujourd’hui, c’est de ramener de l’emploi privé à Saint-Claude et accueillir des entreprises. »
« C’est-à-dire que, pour moi, être attractif ou développer une entreprise, c’est travailler sur un ensemble de paramètres qui permettent d’être attractif ou de développer son entreprise ».
« C’est évidemment une bonne chose de bénéficier d’un ensemble de dispositifs qui permettent au territoire de rester dans la compétition en termes d’attractivité ».
« Comment peut-on en faire une zone d’activité attractive (...) Capable d’accueillir de nouveaux projets de nouveaux entrepreneurs sur le territoire ? »
(2)La tendance globale enregistrée par l’INSEE va vers une baisse de la part salariale dans le PIB, une stagnation de l’imposition et une hausse de la part des bénéfices notamment des bénéfices redistribués aux actionnaires.